L'essentiel en bref
- 1er pilier (AVS/AI) : obligatoire pour tous, couvre le minimum vital
- 2ème pilier (LPP) : obligatoire pour les salariés, complète l'AVS pour maintenir le niveau de vie
- 3ème pilier : facultatif, permet de combler les lacunes laissées par les deux premiers piliers
- Rente combinée 1er + 2ème pilier : entre 45 % et 60 % du dernier salaire en moyenne
- Plafond 3ème pilier A en 2026 : CHF 7'258/an pour un salarié affilié LPP
- Avantage fiscal : les versements dans le 3A sont déductibles du revenu imposable
- 3ème pilier B : ouvert à tous, sans plafond, plus flexible mais moins avantageux fiscalement
Pourquoi ce système existe
Le système des 3 piliers est inscrit dans la Constitution fédérale suisse depuis 1972. Il repose sur un principe simple : aucun acteur seul, ni l’État, ni l’employeur, ni l’individu, ne peut garantir seul une retraite suffisante. C’est leur combinaison qui crée la sécurité.
L’AVS a été créée en 1948 pour couvrir les besoins vitaux des retraités. Mais très vite, il est apparu qu’une rente étatique seule ne permettait pas de maintenir le niveau de vie acquis pendant la vie active. La LPP (2ème pilier) a donc été introduite en 1985 pour compléter l’AVS via les caisses de pension d’entreprise. Le 3ème pilier, lui, existe pour que chacun puisse compléter individuellement ce que les deux premiers ne couvrent pas.
En pratique, les rentes combinées du 1er et du 2ème pilier représentent en moyenne entre 45 % et 60 % du dernier salaire. Pour maintenir son niveau de vie, il faut généralement viser 70 à 80 % du dernier revenu. Le 3ème pilier est là pour combler cet écart.
Le 1er pilier : l'AVS/AI
Ce que c'est
Le 1er pilier regroupe l’assurance-vieillesse et survivants (AVS), l’assurance-invalidité (AI) et les allocations pour perte de gain (APG). Il est financé par un système de répartition : les actifs d’aujourd’hui financent les retraités d’aujourd’hui via des cotisations prélevées directement sur les salaires.
Qui est concerné
Ce qu'il verse
L'âge de la retraite AVS en 2026
Suite à la réforme AVS 21, l’âge de référence est de 65 ans pour les hommes et les femmes. Une retraite anticipée (dès 63 ans) est possible, mais entraîne une réduction définitive de la rente. Un ajournement (jusqu’à 70 ans) augmente la rente.
Le 2ème pilier : la LPP (caisse de pension)
Ce que c'est
Qui est concerné
Comment ça fonctionne
Ce qu'il verse
Les indépendants et le 2ème pilier
Les indépendants n’étant pas affiliés à une caisse de pension, ils n’ont pas de 2ème pilier. Leur prévoyance repose presque entièrement sur le 1er pilier et sur ce qu’ils constituent dans le 3ème pilier. C’est pourquoi le plafond du 3A est significativement plus élevé pour les indépendants sans LPP : 20 % du revenu net, jusqu’à CHF 36’288 par an.
Le 3ème pilier : la prévoyance individuelle
Ce que c'est
Le pilier 3A (prévoyance liée)
Le 3A est le produit d’épargne retraite le plus avantageux fiscalement. Les versements sont déductibles du revenu imposable, dans la limite du plafond annuel. En contrepartie, les fonds sont bloqués jusqu’à la retraite, sauf dans des cas précis : achat d’une résidence principale, départ définitif de Suisse, lancement d’une activité indépendante, ou invalidité.
Les plafonds en 2026 :
- Salarié affilié à une caisse de pension : CHF 7'258/an
- Indépendant sans LPP : 20 % du revenu net, jusqu'à CHF 36'288/an
Le pilier 3B (prévoyance libre)
Le 3B regroupe tous les instruments d’épargne qui n’entrent pas dans les catégories précédentes : assurance-vie, compte épargne, actions, immobilier, rentes viagères. Les versements ne sont pas plafonnés et les fonds sont disponibles à tout moment. Les avantages fiscaux sont limités mais existent dans certains cantons (Genève, Fribourg).
Ce que le système ne couvre pas
- Les personnes ayant travaillé à temps partiel : les cotisations LPP sont proportionnelles au salaire assuré, donc un temps partiel prolongé crée des lacunes importantes
- Les indépendants : sans 2ème pilier obligatoire, leur prévoyance repose presque entièrement sur ce qu'ils ont constitué volontairement
- Les personnes ayant travaillé dans plusieurs pays : les années cotisées à l'étranger peuvent ne pas être prises en compte dans le calcul suisse
- Les interruptions de carrière : congés parentaux prolongés, périodes de chômage ou de formation réduisent les cotisations LPP accumulées
- Les hauts revenus : la LPP (part obligatoire) ne couvre que la partie du salaire jusqu'au plafond LPP. Au-delà, seul le 3ème pilier peut combler l'écart
Comment calculer ses lacunes : exemple concret
| Année | Plafond applicable | Versement effectif | Lacune |
|---|---|---|---|
| 2025 | CHF 7'258 | CHF 4'000 | CHF 3'258 |
| 2024 | Non éligible | Non éligible | Non rachetable |
| 2023 | Non éligible | Non éligible | Non rachetable |
En 2026, seules les lacunes à partir de 2025 sont rachetables. Le plafond de rachat annuel est de CHF 7'258 pour tous les statuts, salarié ou indépendant.
Quelle lacune faut-il combler avec le 3ème pilier ?
- Rente AVS : environ CHF 2'200/mois
- Rente LPP : environ CHF 2'000/mois
- Total : environ CHF 4'200/mois, soit CHF 50'400/an
Pour maintenir 70 % de son revenu actuel, il lui faudrait CHF 70’000/an. La lacune annuelle est donc d’environ CHF 19’600, soit CHF 1’633 par mois à financer par le 3ème pilier ou d’autres ressources personnelles.
C’est cet écart concret que le 3ème pilier est conçu à combler, progressivement, tout au long de la vie active.
Comment optimiser sa prévoyance à chaque étape de la vie
Début de carrière (20-35 ans)
Milieu de carrière (35-50 ans)
Fin de carrière (50-65 ans)
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Questions fréquentes
Quelle est la différence entre les 3 piliers suisses ?
Combien touche-t-on avec les 1er et 2ème piliers à la retraite ?
Le 3ème pilier est-il obligatoire en Suisse ?
Quelle est la différence entre le pilier 3A et le pilier 3B ?
Le 3A est fiscalement avantageux (versements déductibles) mais les fonds sont bloqués jusqu’à la retraite. Le 3B est plus flexible, les fonds sont disponibles à tout moment, mais les avantages fiscaux sont limités.